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free culture

Billets qui gravitent autour de l'indéfinissable Culture Libre.

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lundi 7 avril 2008

La Quadrature du net ou comment empêcher les rond-de-cuirs à pieds carrés de tourner en rond

La quadrature du net - Logo

« Surveillance du net généralisée, y compris par des sociétés privées, filtrage et coupure d'accès internet sans procès, extension des pouvoirs du CSA à Internet, labellisation administrative des sites web... La Quadrature du net a été lancée par des citoyens inquiets afin d'alerter sur des projets du gouvernement menaçant les libertés publiques et le développement économique et social, et faire des propositions alternatives. Rejoignez nous ! ».

Nous n'allons pas nous faire prier ! Surtout lorsque ces premiers citoyens inquiets s'appellent Christophe Espern, Philippe Aigrain et Jérémie Zimmermann. Qu'il est rassurant de se savoir ainsi si bien représentés d'autant qu'ils sont capables d'apparaitre de suite dans de grands médias (voir tout de suite ci-dessous).

Interview radio de Christophe Espern

Le 2 avril 2008, dans le cadre de la chronique du Nouveau Monde de Jérôme Colombain (France-Info) titrée La Loi Olivennes en préparation (lien direct vers le mp3).

La Quadrature du Net, tribune libre, diffusion encouragée

URL d'origine du document

Par Christophe Espern, fondateur de l'initiative La Quadrature du Net, membre du Conseil d'Orientation du Forum des Droits sur l'Internet.

Le Parlement débattra bientôt d'un projet de loi « relatif à la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet ». Ce projet reprend les recommandations formulées par Denis Olivennes, alors PDG de la FNAC. L'une des mesures phares consiste à sanctionner une violation répétée du droit d'auteur en coupant l'accès à Internet du foyer.

Cette sanction serait prononcée par une autorité administrative dite « indépendante ». Signalés par des acteurs privés balayant internet, les délits supposés seraient ensuite constatés, à distance, par des agents administratifs ayant accès aux données personnelles de connexion. Le tout sans contrôle de l'autorité judiciaire. À ce jour, seules les forces de l'ordre luttant contre le terrorisme disposent de ce pouvoir d'exception, à titre temporaire, jusqu'à fin 2008.

Ce projet de loi sidérant, élaboré dans des conditions qui le sont tout autant – a-t-on jamais confié une mission sur les OGM à Monsanto ? – est révélateur d'une fuite en avant dangereuse pour la démocratie, la société et l'économie.

En France, nombre de lois et règlements sur le numérique ont été adoptés ces dernières années, sans concertation préalable ni bilan de l'existant, sous la pression de lobbies. Ainsi, le rapport d'application prévu pour février 2008 de la très décriée loi sur le droit d'auteur de 2006, adoptée en urgence, n'est même pas entamé que le projet Olivennes est déjà rédigé.

Or ces textes sont en décalage avec la réalité des usages et des techniques. À peine votés, ils sont obsolètes, inapplicables, inopérants. Les juristes en perdent leur latin. C'est la quadrature du Net : le diable ne veut pas rentrer dans la boîte !

Et si le diable était la boîte ?

Poser la question est hérétique en soi. Quand la légalisation des échanges de musique et films contre rémunération des artistes a été votée par des députés de tous bords fin 2005, le gouvernement pressé par les éditeurs l'a fait retirer immédiatement par une majorité remise au pas. Denis Olivennes a lui annoncé dès sa nomination qu'il n'était pas question de l'étudier. La ministre la Culture l'a aussi péremptoirement écartée quand la commission Attali pour la libération de la croissance l'a préconisée.

Le projet Olivennes inscrit donc le gouvernement dans une dérive dogmatique, quasi-obscurantiste, et autoritaire. Il écoute des oracles usés, considérant le progrès comme une menace plutôt qu'une opportunité. L'étape proposée constituerait cependant une régression sans précédent si elle était franchie.

Les ministres de la culture et de la justice suédois, qui ont rejeté récemment un projet similaire, ne s'y sont pas trompés, déclarant que « la coupure d’un abonnement à Internet est une sanction aux effets puissants qui pourrait avoir des répercussions graves dans une société où l’accès à internet est un droit impératif pour l’inclusion sociale ». D'autant plus qu'en cas d'offre triple play, le téléphone et la télévision pourraient être coupés aussi. La mort sociale électronique de familles entières au nom du droit d'auteur ? Beaumarchais, Victor Hugo, Jean Zay seraient scandalisés.

Et que dire de l'extension de mesures d'exception prévues pour lutter contre le terrorisme, afin que des acteurs privés puissent chasser l'internaute et contourner l'autorité judiciaire ? Qui peut croire qu'un internaute sanctionné de la sorte ira dépenser son argent à la FNAC ? Surtout que même suspendu, son abonnement sera toujours à sa charge !

Quant au coût pour le contribuable et l'économie, il est à ce jour inconnu. Aucune étude d'impact n'a été réalisée. Tracer, menacer, réprimer des millions de personnes via une justice parallèle aura pourtant un prix. Déconnecter des foyers, des entreprises, aussi. Les finances publiques et tous les usagers devront le supporter.

Il est impossible de contrôler efficacement la circulation de l'information à l'ère du numérique par le droit et la technique sans porter gravement atteinte aux libertés publiques et entraver le développement économique et social. Mais il existe d'autres solutions : sécuriser juridiquement les usages démocratiques et créatifs de la Toile, permettre aux entrepreneurs du web d'innover sans risque, revoir les mécanismes de répartition de la richesse existante, admettre enfin que l'approche répressive et la concertation réduite à quelques lobbies mènent à l'autoritarisme de marché.

Il a fallu plus de 3500 ans pour démontrer qu'il était impossible de faire rentrer sans perte des ronds dans des carrés avec une règle et un compas, à cause de la transcendance de Pi. Comme la quadrature du cercle en son temps, la quadrature du net ne sera dépassée qu'en changeant d'outils et de perspectives. Faudra-t-il 3500 ans pour que le législateur le comprenne ?

Diffusion de ce texte dans son ensemble encouragée tant que la présente mention est préservée.

mercredi 2 avril 2008

Le deuxième effet kiss cool du logiciel libre

Une courte traduction[1] sous la forme d'un témoignage sans prétention qui illustre bien la mise en relation, internationale et dans un certain état d'esprit, que permet et induit le logiciel libre.

C'est Ubuntu qui est mis en valeur ici (et en France on n'est pas en reste d'ailleurs avec le très convivial et compétent Ubuntu-fr) mais les vertus et attitudes évoquées ici valent je crois pour l'ensemble de la communauté.

Au delà du fait d'avoir à disposition des programmes de grande qualité, le logiciel libre c'est aussi ce petit supplément d'âme que d'aucun comme moi apprécie tout particulièrement...

Copie d'écran - DThomasDigital

L'effet secondaire (positif) de l'utilisation d'Ubuntu

The Unexpected (good) side effect of using Ubuntu

David Thomas - 24 mars - dthomasdigital.wordpress.com

Je suis un adepte d'Ubuntu, je fais parti de ces convertis depuis deux ans maintenant et Ubuntu a répondu à toutes mes attentes en matière d'informatique. Même les jeux sur Ubuntu commencent à être matures et je remarque que j'ai remplacé Wine au profit de jeux disponibles directement sur Linux. Je connais bien désormais la puissance d'Ubuntu et j'utilise de nombreuses applications critiques dont dépend mon entreprise sur cette même plateforme.

Puis il est arrivé une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Lentement mais sûrement à mesure que je m'impliquais dans la communauté Ubuntu j'ai appris beaucoup de choses sur le vaste monde qui m'entoure en apprenant à connaître des gens et des cultures de divers horizons. J'ai commencé ce blog puis j'ai intégré le Planet Ubuntu Users. Ceci m'a permis de rencontrer gouki, je crois bien qu'il vient du Portugal. C'est lui qui est en charge de Planet Ubuntu Users, j'adore son site, il est simple mais fantastique.

Un jour mes billets cessent d'apparaître sur le Planet. En en cherchant la cause j'ai découvert que je n'étais pas le seul dans ce cas, parmi les autres personnes il y avait Isabelle Duchatelle qui vient de France. C'est une personne d'une grande finesse et j'ai appris plusieurs petits trucs grâce à ces billets. Après quelques échanges d'e-mails on a trouvé la source du problème et nous étions de retour sur le Planet.

Peu après ça mon implication dans le Ubuntu Users Group près de chez moi s'est accrue et en posant des questions à droite à gauche j'ai échangé quelques courriers avec le légendaire Jono Bacon de Grande Bretagne. C'est une personne qui est toujours prête à aider et à vous faire découvrir un groupe dont vous n'aviez jamais entendu parler. Pour moi qui adore la musique, rien que ça rendait nos échanges intéressants.

Grâce à Ubuntu je me suis retrouvé impliqué dans Software Freedom Day, la Document Freedom Day et dans l'Open Discussion Day. J'y ai fait la connaissance de gens venant du Nigéria, de Malaisie, d'Inde, d'Amérique du Sud et encore plein d'autres pays. Ce qui m'est arrivé à une échelle plus petite est tout aussi incroyable. Notre Ubuntu Users Group local est devenu un groupe officiel et nous avons commencé quelques projets avec succès. J'ai aussi été impliqué avec les équipes américaines et j'ai fait la connaissance de gens géniaux comme Aaron Toponce.

Soit, mais alors de quel effet secondaire s'agit-il ? Et bien, lorsque j'utilisais Windows j'étais comme dans un cocon à trimer chaque jour et une chose est sure c'est que je me suis jamais intéressé au blog de Bill Gates comme je m'intéresse aujourd'hui à celui de Mark Shuttleworth et même si j'adore les autres distributions Linux (je vis au Nouveau Mexique et Gentoo aura donc toujours place à part dans mon cœur) Ubuntu m'a attiré dans une communauté, une communauté de gens qui veulent vraiment rendre l'informatique libre et ouverte.

C'est une communauté qui traite les débutants avec autant de respect qu'elle traite ses membres de la première heure. J'ai vraiment beaucoup appris durant ces deux dernières années et cette année je ferai une présentation à Ubuntu Live (hey les gars qui s'occupent d'Ubuntu Live, vous pensez pas que vous pourriez revoir le prix de l'inscription ?), ça sera l'occasion pour moi de serrer des mains et de remercier la communauté dont je suis tombé amoureux. Alors oui, je dirais que c'est un effet secondaire plutôt positif pour un gars comme moi qui ne savait même pas situer le Nigéria sur une carte il y a à peine deux ans.

Notes

[1] Merci à Olivier (from Fralamang) pour la traduction.

vendredi 28 mars 2008

Delgarma - Bad Days but good (and free) music

Lacrymosa - Laila - Art Libre

Sans vouloir entrer dans la polémique de la définition de la musique libre, force est de constater qu'ils sont finalement assez rares les musiciens qui proposent leurs oeuvres sous des licences offrant au mélomane les mêmes libertés que celles d'un utilisateur de logiciels libres[1].

Raison de plus pour donner un modeste petit coup de projecteur à Delgarma qui a placé sa musique sous licence Creative Commons By-Sa.

Avec mention spéciale à la ballade Bad Days qui m'accompagne le dimanche lorsque la pluie bat le carreau...

Cette vidéo a été enregistrée en juin 2006 à l'Open Source Café de Lyon (dont je n'arrive pas à retrouver le site web jusqu'à me demander si le café est toujours vivant !). Elle a été pêchée sur le site TheoraSea qui propose avec ITheora un lecteur multimédia bien plus libre que le lecteur Flash de ce blog[2].

Les illustrations nous viennent de Lacrymosa, et j'imagine qu'elles sont sous licence Art Libre vu l'implication du bonhomme en la matière.

Notes

[1] C'est-à-dire ici sans clause non commerciale ou non dérivable (même si on se retrouve souvent avec la question des sources disponibles pour pouvoir effectivement étudier la musique).

[2] Lecteur que je vais finir par adopter je pense une de ces quatre pour le Framablog.

mardi 25 mars 2008

Troisième manuel libre de mathématiques de Sésamath

Sésamath - Manuel 3ème - Couverture

Clap troisième ! Déjà disponible pour les niveaux Cinquième et Quatrième, la très libre association de professeurs de mathématiques Sésamath nous propose son nouveau manuel scolaire de mathématiques, cette fois-ci pour le niveau Troisième.

Outre la qualité et l'originalité de son contenu (et son prix serré de 11 €), ce manuel se démarque de ses petits camarades de l'édition classique de part son mode collaboratif d'élaboration (une petite centaine de collègues ont participé à sa rédaction) mais aussi et surtout par sa licence libre (la GNU/FDL) qui autorise quiconque (profs, élèves, parents...) à utiliser, copier, modifier et distribuer la version numérique du manuel.

Si j'étais prof de maths (ce que je suis du reste !), je tenterais de ce pas de convaincre les collègues de mon établissement de faire le choix du manuel Sésamath pour la rentrée scolaire prochaine[1].

L'occasion d'un court entretien avec l'un de ses membres fondateurs, Sébastien Hache.

Sésamath - Manuel 3ème - Exemple

Pourriez-vous nous présenter votre nouveau bébé ? (y a-t-il des nouveautés par rapport aux 2 précédents ?)

Sébastien Hache : Le Sésamath 3e est le 3e ouvrage de la collection (après le Sésamath 5e il y a 2 ans et celui de 4e l'an dernier). Il s'agit d'un manuel scolaire sous licence FDL, écrit avec la suite Open Office.org. Près de 80 auteurs, professeurs de Mathématiques, ont travaillé ensemble, essentiellement à distance, pour construire cet ouvrage.

Sur le fond, la ligne éditoriale du Sésamath 3e est restée très proche de celle de ses 2 prédécesseurs afin de garantir une continuité entre les différents ouvrages de la collection : utilisation des TICE, travail de groupe, narrations de recherches, QCM... et toujours énormément de compléments en ligne.

Ceci dit, le mode de conception a mûri ; de nouveaux outils ont été utilisés : par exemple, pour la première fois, un Wiki a servi à créer les feuilles de route de chaque chapitre. Globalement, ce processus complexe du « travailler ensemble » a été mieux géré que les années précédentes, l'expérience aidant. Au final, on peut donc dire que le Sésamath 3e est encore plus coopératif que ses petits frères en 5e et 4e.

Une autre constatation importante : depuis 2 ans, l'équipe de rédaction a été profondément renouvelée. Beaucoup de ceux qui avaient fait les premiers manuels se sont investis dans d'autres projets de Sésamath, souvent avec succès. De nouvelles énergies ont pris le relais sur le projet de manuel, avec efficacité et conviction. Cela peut signifier que le modèle est assez indépendant des individus et procède plutôt d'un certain état d'esprit. A ce titre, il devrait être reproductible ou transférable.

Quel bilan faites-vous des deux précédents ?

Le bilan est très positif. A n'en pas douter, ce concept de manuel scolaire libre a été (et est toujours) un levier important du développement de l'association. Tout d'abord, il a permis de créer de nombreuses synergies entre les différents projets de Sésamath, grâce en particulier aux compléments du manuel en ligne. Ensuite, comme je l'ai dit précédemment, beaucoup de collègues entrent dans Sésamath par le projet du manuel, se formant au passage aux techniques de travail coopératif... puis s'investissent dans d'autres projets de l'association, y amenant ainsi encore davantage de coopération.

Par ailleurs, le succès éditorial de ces manuels (près de 95 000 vendus l'an dernier en 4e) a permis à Sésamath d'être financièrement indépendant et de pouvoir salarier un de ses membres. Depuis des années, Sésamath demande du temps de décharge à l'Institution, en vain. Et pourtant, Sésamath a besoin de temps pour mieux accompagner les usages, les pratiques, les développements.

Plus généralement, il était primordial de pérenniser ce modèle d'édition afin de le rendre attractif et viable pour d'autres. Nous pensons avoir relevé ce défi.

Effectuez-vous des mises à jour des 2 précédents à partir des retours des collègues en situation ?

Pour le moment, nous tenons essentiellement compte des coquilles signalées qui, au demeurant, restent assez peu nombreuses. Mais de plus en plus de collègues nous envoient, et c'est important, des activités dérivées de celles du manuel, ou d'autres types de compléments. Sésamath est en train de mettre en place une sorte d'Espace Numérique de Travail pour les professeurs de Maths. L'un des objectifs de cet espace est justement de mutualiser autour du travail coopératif initial afin de favoriser à terme la refonte des manuels Sésamath. Ce site contiendra également un « livre du maître » pour le manuel 3e ainsi que des compléments spécifiques aux enseignants.

Vous travaillez sur un projet de manuel libre au Sénégal. Pourriez-vous nous en dire plus ?

A la suite de la mention d'honneur obtenue par Sésamath lors du prix sur l'utilisation des TICE à l'UNESCO, de nombreuses perspectives concrètes se sont ouvertes. En particulier, nous sommes en discussion sur la possible création de manuels libres en Mathématiques au Sénégal, en prenant appui sur les manuels Sésamath. L'idée n'est pas tant de donner des contenus qu'une certaine expertise du travail coopératif. Ainsi l'association espère aussi recevoir beaucoup en retour sur les pratiques et usages au Sénégal. Très honnêtement, en créant un manuel libre, Sésamath n'avait jamais pensé à ce type de possibilité. Mais si cela pouvait se faire (car malgré tout c'est un processus long et difficile) nous en serions vraiment fiers et très heureux.

Comment expliquez-vous que les autres disciplines ne vous aient pas encore emboîté le pas ?

Il y a eu des essais, mais provenant souvent de collègues isolés qui ne se rendent pas nécessairement compte de tout le travail et de l'énergie que cela demande. Il y a beaucoup de compétences différentes qui sont en jeu. Il faut à la fois les rassembler et les faire travailler ensemble. A ce stade, nous pensons que cela ne peut pas se faire spontanément ou de façon trop déconcentrée.

C'est évidemment plus facile si les collègues sont déjà organisés entre eux. Sésamath n'a pas vocation à créer ces premiers noyaux, mais peut essayer de les accompagner. Pour cela, il faut réussir à synthétiser le processus d'édition coopérative : quels outils ? quelles structures ? Quelle organisation ? Il n'est pas facile de faire ce travail d'abstraction, mais il est sans doute nécessaire pour facilité les transferts.

Il nous semble aussi qu'il y a actuellement un enjeu fort dans le premier degré.

Quels sont les futurs projets de Sésamath ?

Le prochain défi que doit relever Sésamath, c'est l'accompagnement de tous ceux qui utilisent les ressources de l'association. Cet accompagnement passe par une meilleure prise en compte de ces utilisateurs : professeurs, parents ou élèves. Des accès spécifiques vont être créés. La plate-forme pour les enseignants et un site dédié entièrement à l'accompagnement à la scolarité (libre et gratuit) pour les élèves et parents. Ce sont 2 énormes chantiers qui sont déjà en préparation depuis un certain temps et qui devraient éclore pendant l'année 2008.

Notes

[1] Chaque établissement peut commander un specimen avant le 24 avril chez le partenaire éditeur Génération 5.

mardi 11 mars 2008

Les licences Creative Commons expliquées aux élèves

Une invitation lancée aux enseignants pour s'inspirer de ce document en vue d'une présentation en classe.

Textes, images, multimédia... C'est bien gentil de critiquer les agissements de Microsoft qui tente de nous faire passer sa propre définition de la « propriété intellectuelle » à l'école mais c'est encore mieux d'être constructif en proposant des alternatives plus conformes à notre propre vision des choses.

Imaginons en effet que vous soyez un professeur souhaitant évoquer cette histoire de « propriété intellectuelle » à l'ère du numérique avec vos élèves. Pour la France cette éventualité est d'autant plus susceptible de se produire qu'elle figure dans le référentiel du B2i pour le domaine Adopter une attitude responsable (par exemple avec la compétence C.2.3 Lorsque j’utilise ou transmets des documents, je vérifie que j’en ai le droit).

Vous avez alors le choix de l'approche.

Vous pouvez par exemple vous appuyer sur le document (powerpoint) Droit et éducation - La propriété intellectuelle de l'association Projetice. Il n'est pas inintéressant en soi, avec par exemple son rappel de la nécessité d'élaborer ensemble une charte TICE dans chaque établissement scolaire. Mais, parcourez-le, et vous vous trouverez peut-être comme moi confronté à la désagréable impression d'évoluer dans le monde austère et intimidant des tu n'as pas le droit de faire ceci, tu n'as pas le droit de faire cela, sauf à demander constamment, au cas pas cas, de fastidieuses et parfois hypothétiques autorisations. Règles qui stipulent q'il n'y pas d'exception pédagogique. Règles contraignantes qui s'appliquent de fait aussi à mes propres créations. Ici c'est d'abord la fermeture par défaut qui prévaut, et commes les autres mondes ne sont pas mentionnés il semble que ce soit le seul monde possible.

Mais, sans nier l'existence du monde précédent qui a toute sa raison d'être, vous pouvez cependant débuter votre intervention en adoptant une autre approche comme celle proposée par le diaporama ci-dessous au sujet des salutaires licences Creative Commons. Une approche qui ne vous condamne pas à égréner la longue liste de ce que l'on ne peut pas faire mais qui au contraire, affirme d'entrée son ouverture en favorisant le partage des créations numériques, qu'elles soient vôtres ou celles d'autrui. Les demandes d'autorisation n'ont pas disparu mais elles sont ponctuelles et ne sont là que pour ajouter de la liberté à une situation de départ qui garantie au minimum la libre circulation de l'oeuvre. Nous ne sommes plus dans le il est impossible de faire... sauf... mais dans le il est possible de faire... sous telles conditions. Et mine de rien lorsque l'on travaille dans un contexte scolaire c'est une belle bouffée d'oxygène[1].

Ce diaporama est dans le domaine public. Il a été réalisé par Alex Roberts, Rebecca Rojer et Jon Phillips en vue de l'intégrer à un autre beau projet éducatif, à savoir l'OLPC. Vous trouverez toutes les images sources sur cette page du site Creative Commons. Libres à vous de les modifier et d'en adapter les légendes comme bon vous semblera. Nous vous en proposons ci-dessous une version francisée par nos soins[2]. C'est un work in progress non finalisé qui ne demande qu'à se bonifier avec vos propres suggestions de traduction dans les commentaires[3].

Diapo 1

Sharing Creative Works 01

Creative Commons presents : Sharing Creative Works

Creative Commons présente : partager les créations

Diapo 2

Sharing Creative Works 02

Computers are powerful tools for creation. You can use a computer to write stories, draw pictures, take photographs, record music, and capture video.

Les ordinateurs sont de formidables outils pour la création. Vous pouvez utiliser un ordinateur pour écrire des histoires, faire du dessin, prendre des photos, enregistrer de la musique et des vidéos.

Diapo 3

Sharing Creative Works 03

When you draw a picture, only one copy exists. You can keep that copy, or give it to a friend, or maybe even sell it.

Quand vous faites un dessin, il n'existe qu'en un seul exemplaire. Vous pouvez conserver cet exemplaire, le donner à un ami, ou peut-être même le vendre.

Diapo 4

Sharing Creative Works 04

But when you draw a picture on your computer, it is possible to create a perfect copy of that picture. You can keep your picture and give a copy to your friend and even sell a copy, if you like.

Mais quand vous faites un dessin sur votre ordinateur, il est possible de créer une copie à l'identique de ce dessin. Vous pouvez conserver un exemplaire pour vous et en donner un à un ami et même en vendre un, si vous en avez envie.

Diapo 5

Sharing Creative Works 05

Once someone has one copy of your picture, they have the ability to make more exact copies and then share them. They also have the ability to make changes to your picture, and share that. But what if you don't want them to?

Une fois que quelqu'un a un exemplaire de votre dessin, cette personne a les moyens d'en faire d'autres copies à l'identique et ensuite de les partager. Cette personne a aussi la possibilité d'apporter des modifications à votre dessin et de les partager. Mais que se passe-t-il si vous n'êtes pas d'accord avec ça ?

Diapo 6

Sharing Creative Works 06

This is where the law comes in. Although anyone with a computer has the ability to share or change your creation, because of copyright law, they are not allowed to do so without your permission. (*)
(*) Though, depending on where you live, there may be specific exceptions to this rule. In the United States, this is called "Fair Use."

C'est là que la loi entre en jeu. Même si n'importe qu'elle personne disposant d'un ordinateur a techniquement la possibilité de partager ou de modifier votre création, du fait des lois sur les droits d'auteurs, elle n'a pas le droit de le faire sans votre permission, en dehors des exceptions et limitations prévues par la loi applicable dans le pays où vous vivez.

Diapo 7

Sharing Creative Works 07

The law automatically grants you full "copyright" over any creative work you make, including the stories you write, the pictures you draw, the music you record, the photos you take, and the video you capture. This means that unless you say otherwise, nobody may share your work or make changes to it.

La loi vous accorde automatiquement un droit d'auteur exclusif sur toute œuvre de votre création, comme par exemple les histoires que vous pouvez écrire, la musique que vous pouvez enregistrer, les photos que vous pouvez prendre, et les vidéos que vous pouvez filmer. Ce qui signifie que sans avis contraire de votre part, personne ne peut diffuser votre travail ou y apporter des changements.

Diapo 8

Sharing Creative Works 08

But what if you want to legally and clearly allow anyone in the world to share and experience your work?

Mais que se passe-t-il si vous souhaitez légalement et sans ambigüité autoriser toute personne dans le monde à partager et découvrir votre travail ?

Diapo 9

Sharing Creative Works 09

What if you want others to build upon your work or create something new from your original?

Que se passe-t-il si vous souhaitez que d'autres puissent se baser sur votre travail pour créer quelque chose de nouveau à partir de l'original ?

Diapo 10

Sharing Creative Works 10

While you could tell each and every person that they may use your original, there is a vastly simpler way. If you would like to allow for your work to be shared around the world, consider using a Creative Commons License.

Vous pourriez dire à chaque personne individuellement qu'elle peut utiliser votre travail original, mais il y a beaucoup plus simple. Si vous voulez permettre le partage de votre travail à travers le monde, vous devriez songer à utiliser une Licence Creative Commons.

Diapo 11

Sharing Creative Works 11

Creative Commons is an organization which provides a collection of free content licenses that you may apply to your work.

Creative Commons est une organisation qui met à votre disposition un ensemble de licences que vous pouvez appliquer à votre travail.

Diapo 12

Sharing Creative Works 12

A content license is a document that states the freedoms and limitations that you apply to your work– an explanation of what someone can and cannot do with what you make.

Une licence sur le contenu est un document qui exprime les libertés et les limitations qui s'appliquent à votre travail – une liste de ce qu'une personne peut ou ne peut pas faire avec votre travail.

Diapo 13

Sharing Creative Works 13

Creative Commons Licenses have been translated into many languages and jurisdictions (legal systems) all over the world. They are designed to work internationally, so that even someone across the globe can understand the permissions you have granted them.

Les licences Creative Commons ont été traduites dans de nombreuses langues et juridictions de part le monde. Elles sont conçues pour être applicables internationalement, de telle façon que même une personne à l'autre bout du monde peut comprendre les droits que vous lui avez concédés.

Diapo 14

Sharing Creative Works 14

Creative Commons offers 6 different licenses so that you can share your work exactly how you want to.

Creative Commons vous propose six licences différentes qui vous permettent de partager votre travail de la façon qui vous convient le mieux.

Diapo 15

Sharing Creative Works 15

All Creative Commons licenses require attribution. This means that others may share your work so long as they credit you. There are some other things to consider when you choose to share your work with the world.

Toutes les licences Creative Commons utilisent la notion de paternité. Ce qui signifie que d'autres peuvent partager votre travail tant qu'il vous en attribuent la paternité. Mais il y a d'autres aspects à prendre en compte quand vous faites le choix de partager votre travail avec le monde.

Diapo 16

Sharing Creative Works 16

Do you want to allow other people to sell or make money off of your creation without having to ask? Prohibiting people from using your work commercially may limit how widely it is spread.

Souhaitez-vous autoriser d'autres personnes à vendre ou à faire de l'argent avec votre création sans avoir à demander l'autorisation ? Interdire l'utilisation commerciale de votre travail peut réduire son champ de diffusion.

Diapo 17

Sharing Creative Works 17

This also means that no one can make any money from your work without your permission. You can work out individual arrangements for commercial use so that you can get paid when others profit from your creation.

Cela signifie aussi que personne ne peut tirer de profit financier de votre travail sans votre autorisation. Vous pouvez passer des accords individuels pour usage commercial de façon à être rétribué quand d'autres tirent profit de votre création.

Diapo 18

Sharing Creative Works 18

Do you want to allow others to make changes (derivatives) to your work without having to ask? Prohibiting derivatives might prevent others from making something really cool out of your original.

Souhaitez-vous autoriser d'autres personnes à modifier votre travail (œuvre dérivée) sans avoir à demander l'autorisation ? Interdire les œuvres dérivées peut empêcher d'autre personnes de créer une nouvelle œuvre vraiment intéressante à partir de votre original.

Diapo 19

Sharing Creative Works 19

But, this also means they may not use your work in a way you disagree with.

Mais cela signifie aussi que personne ne peut utiliser votre travail à des fins qui ne vous conviendraient pas.

Diapo 20

Sharing Creative Works 20

If you allow others to make changes to your work, you also need to think about whether or not you will require them to use the same license as you ("Share Alike"). A ShareAlike condition ensures that the terms you chose for your original creation are preserved, but also may limit how much the derivative work can be shared (and in turn, how likely it is for someone to use your original work in a derivative)

Si vous autorisez d'autres personnes à faire des modifications de votre travail, vous devez aussi réfléchir si oui ou non vous souhaitez leur demander d'utiliser la même licence que vous (conditions initiales à l'identique). La clause conditions initiales à l'identique garantie que les choix que vous avez fait pour la création originale seront préservés, mais elle peut aussi limiter la diffusion des œuvres dérivées (et par là-même les possibilités que quelqu'un soit tenté d'utiliser votre original pour une œuvre dérivée)

Diapo 21

Sharing Creative Works 21

On the other hand, Share-Alike ensures that your work is always used under the terms you want, even after many generations of copies and derivatives.

D'un autre coté, les conditions initiales à l'identique garantissent que votre œuvre sera toujours utilisée sous les mêmes conditions, même après plusieurs générations de copies et de dérivés.

Diapo 22

Sharing Creative Works 22

It's up to you to choose what you will create, and how you will share it with the world!

C'est à vous de décider ce que vous allez créer et comment vous allez le partager avec le monde !

Edit du 25 mars : Illustrant parfaitement le remix culturel permis par les licences Creative Commons, voici une version animée du diaporama réalisée par Alexandre Lebailly à partir de notre traduction.

Notes

[1] Petite suggestion finale : En profiter pour évoquer en bout de chaîne le logiciel libre dont les licences présentent la particularité de ne pas posséder de clauses non commerciales et non dérivables.

[2] Merci à notre équipe de traducteurs Framalang, Yostral, Olivier et surtout GaeliX en tête.

[3] En particulier nous avons quelques doutes sur la fidélité de traduction des diapos 1, 6, 13 et 20.

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