En mai prochain aura lieu la seconde édition du Festival des Commons à Héraklion sur l’île de Crète.

Nous avons choisi d’en traduire l‘à propos, pour illustrer cette dynamique des biens communs mentionnée dans un billet précédent. Et aussi pour parler un peu de la Grèce de manière positive ;)


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Le Festival des Communs - à propos

The Festival of the Commons - About

(Traduction : Isammoc, GregR, Diin, Scailyna, goofy, KoS)

Le Festival des biens communs (CommonsFest) est une initiative pour promouvoir la connaissance libreet la collaboration peer-to-peer pour la création et la gestion des biens communs. Une philosophie qui s’est propagée à travers les communautés du logiciel libre et s’étend à de nombreux aspects de notre vie quotidienne, tels que les arts, la gouvernance, la construction de machines, d’outils et d’autres marchandises. À travers une exposition, des conférences, des projections et des ateliers, le but du festival est de promouvoir et faire connaître les réalisations de cette philosophie au public et de faire un premier pas vers de plus amples adoptions.

Aujourd’hui, il existe un monde où la liberté de la connaissance et de l’art est une réalité, et où les opinions sont exprimées et débattues librement afin que les décisions soient prisent collectivement. Un monde où le bien commun est plus important que le profit individuel, où il existe un respect des ressources naturelles et de la dignité humaine, un monde où l’argent n’est qu’un moyen de subvenir à nos besoins. Dans ce monde, vous pouvez librement faire pousser ce qui va vous nourrir, remixer une chanson, donner votre avis à propos d’un projet de film, améliorer les plans de conception d’un tracteur, écrire un article d’une encyclopédie, participer à une procédure de décision politique ou assister gratuitement à des cours à l’université. Un monde où vous pouvez construire une maison, subvenir à vos besoins en échangeant des biens et des services avec vos amis.

Au cours des dernières décennies, le développement des communautés du logiciel libre ont ont ouvert de nouvelles voies à la créativité, basées sur la collaboration et l’échange libre de connaissances. Ensuite sont arrivées des communautés ouvertes peer-to-peer qui ont donné l’impulsion pour que soient diffusées ces idées dans de nombreux aspects de la vie en dehors du spectre numérique. Elles témoignent au quotidien que le modèle peer-to-peer peut fournir une gestion plus équitable et plus efficace dans la vie quotidienne.

Ce modèle repose sur un certain nombre de caractéristiques essentielles de ces communautés. Les plus importantes sont le partage et la collaboration autour d’un cadre où chaque participant contribue selon ses capacités et reçoit selon ses besoins, ce qui aboutit à rendre la connaissance disponible à tous pour le bien commun. Une autre caractéristique importante, pour laquelle la création et le développement d’Internet ont joué un rôle clé, c’est que les communautés n’ont pas besoin d’un lieu commun mais peuvent être dispersées aux quatre coins du globe. Ainsi, des personnes de divers endroits peuvent collaborer à un projet commun en communicant par des moyens numériques les uns avec le autres. Travailler dans un processus de prise de décision non hiérarchique s’oppose à la concentration du pouvoir entre les mains de quelques individus avec tous les problèmes que cela implique. Cette méthode d’organisation peer-to-peer (p2p) a créé de nombreux produits caractérisées par le fait de n’être ni privés ni étatiques. On appelle ces productions des « biens communs ». Ces biens communs sont librement accessibles à tous, fondée sur la base d’un ensemble d’autorisations qui régissent leur utilisation, comme les Creative Commons (CC) ou la Licence Publique Générale (GPL).

Il existe de bons exemples de production open source et pair-à-pair au-delà du champ des biens digitaux numériques. comme les machines-outils qui sont proposées par le projet Open-Source Ecology (NdT : Écologie open-source) ou les imprimantes 3D comme Rep-Rap. Des plans libres pour fabriquer son logement tels que WikiHouse ou la prometteuse voiture Wikispeed sont d’autres exemples, de même que les recettes sans brevet pour des boissons comme Free beer (NdT : Bière libre) et OpenCola (NdT : cola-ouvert).

Les efforts pour sauver les semences traditionnelle et pour dépolluer les terrains saturés d’engrais et pesticides chimiques ont développé un réseau de connaissances que tout le monde peut suivre pour satisfaire ses besoins nutritionnels, en respectant l’environnement naturel et le travail humain. Le retour à des manières plus naturelles de construire, couplé à la recherche sur les sources d’énergies renouvelables, a ouvert de nouveaux horizons à la construction de maisons écologiques et en autonomie énergétique,ce qui constitue un pas de plus vers la gestion communautaire équitable et durable. Si on ajoute le mouvement DIY (Do-It-Yourself, Faites-le vous-même NdT) à tout cela, alors on se rend compte de la quantité impressionnante de connaissances accessibles qui peut couvrir une grande part, si ce n’est la totalité, de nos besoins quotidiens.

Tout cela pourrait en fait devenir une proposition d’organisation alternative de la société (finances comprises) car nous pouvons nous rendre compte que l’actuel système de recherche du profit ne satisfait pas les besoins de base de la majorité de la population mondiale. D’autres communautés pourraient nous apporter leur expérience de plusieurs années dans l’élaboration d’un modèle différent et plus performant pour satisfaire leurs besoins. Dans le même temps, nous constatons l’impact des groupes collaboratifs tout autour de cette mouvance qui pourrait définir en quelques mots l’économie sociale et solidaire. Ce sont pour l’essentiel et pour le moment des tentatives expérimentales qui s’accumulent avec le temps, mais qui sont des expériences précieuses de collaboration et de solidarité.

Il est évident que le passage d’une société conduite par le profit vers un système de gestion peer-to-peer ouvert ne peut pas être réalisé en un jour. Mais créons des petites structures de production pour les biens communs, là où les conditions le permettent, afin que les petits ruisseaux deviennent grandes rivières. Nous voulons que le « Festival des biens communs » soit un pas de plus dans cette direction.