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jeudi 11 septembre 2008

Appel à traduction pour un livre sur les ressources éducatives libres

Copie d'écran - WikiEducator

Dans la série Traductions Ambitieuses nous sommes déjà impliqués sur de gros chantiers comme La bio de Stallman et Producing Open Source Software (tous deux en phase de relecture d'ailleurs et donc bientôt sur framabook).

Mais puisqu'il n'y pas de raison de s'arrêter en si bon chemin et puisque c'est la rentrée des classes, que ne diriez-vous de traduire ensemble, de l'anglais vers le français, le très intéressant (et tout récent) Open Educational Resources Handbook sous licence Creative Commons BY-SA et disponible au format PDF en noir et blanc ou en couleur.

Parce que si vous voulez mon humble avis, ce serait un livre majeur à mettre entre les mains des éducateurs (au sens large) de France et de Navarre. Histoire de faire découvrir, d'informer et d'inciter afin que nous soyons toujours plus nombreux à participer à l'aventure collective de la diffusion, de la création, de la modification et du partage de ressources éducatives sous licences libres et ouvertes.

(j'ajoute, et ceci n'engage que moi, que ce ne serait pas du luxe si l'on présuppose que globalement la culture actuelle du corps enseignant dans ce domaine est encore en pleine phase d'apprentissage)

Véritable guide pratique, ce livre se décompose en plusieurs chapitres : chercher, créer, adapter, utiliser, partager et licencier de telles ressources. On peut le parcourir linéairement mais aussi le picorer en puisant dans un chapitre particulier au gré de nos besoins.

Précisons que cette traduction nécessiterait, nous semble-t-il, quelques petites adaptations locales. Il conviendrait ainsi par exemple de substituer certaines références et liens anglophones vers leurs pendants francophones si ils existent. Il conviendrait également de contextualiser juridiquement la notion anglophone de fair use qui n'existe pas chez nous. C'est un travail supplémentaire mais c'est un travail, nous semble-t-il là encore, fort enrichissant (et non réservé à des traducteurs soit dit en passant).

Précisons également que la version originale ayant été conçue dans un wiki, cela devrait grandement nous faciliter la tâche.

Voilà. Nous serions vraiment fiers et ravis d'apporter nous aussi et avec vous notre pierre à l'édifice en réussissant à mener à bien ce projet utile et enthousiasmant.

Un enthousiasme partagé ?

Cela tombe bien parce qu'avec de l'enthousiasme, un peu de réseau et des licences libres, on peut déplacer des montagnes (voire même des mammouths) !

Si vous souhaitez en être, ce dont nous vous remercions, il suffit de nous laisser un petit message à openeducation@framasoft.net. Nous commencerons pour nous compter sur une liste de discussion puis nous verrons alors ensemble comment organiser la chose.

vendredi 29 août 2008

Créatifs Culturels et Mouvement du Logiciel Libre

If we hold on together - Riza - CC-by

Les Créatifs Culturels vous connaissiez ? Moi non, jusqu'à cet été où quelqu'un est venu m'en parler avec une certaine passion pour ne pas dire une passion certaine[1].

De quoi s'agit-il exactement ? L'expression n'est pas forcément heureuse mais ce serait une nouvelle catégorie sociologique regroupant des personnes dont la première caractéristique est d'ignorer qu'elles en font partie !

Viennent ensuite les caractéristiques de fond et, comme souvent, Wikipédia est ton ami :

« Les Créatifs Culturels auraient en commun de favoriser la faible dépendance vis-à-vis des modes de consommation industrialisés, de chercher à favoriser le développement personnel et spirituel, de remettre l’humain au cœur de la société, de refuser les dégradations environnementales, notamment celles induites par l'exploitation des ressources naturelles et de rechercher des solutions nouvelles aux problèmes personnels ou sociaux (par exemple sans fausse antinomie entre engagement et vie personnelle). »

Cette absence d'antinomie entre engagement et vie personnelle, ce serait ce qui les distingue des Bobos (selon Sauveur Fernandez sur Novethic.fr) :

« Les Bobos et autres Nonos ont une réelle part de sincérité, mais sont pétris de contradictions, car encore au premier stade de sensibilisation. Viennent ensuite les consom'acteurs avec des degrés plus ou moins fort d'implication. Puis les alternatifs, c'est à dire les personnes qui s'impliquent réellement dans leurs engagements qu'ils essaient de vivre concrètement. Ils sont à la fois consom'acteurs et citoyens engagés, mariant à la fois la connaissance et la pratique concrète. Ils représentent, en fait, l'ensemble des gens sensibles à l'éthique, au social, à l'environnement. Ce sont eux les créatifs culturels, même s'ils n'aiment pas trop ce terme, le trouvant un peu trop "mode" ou "gadget". »

Ekopedia se montre quant à lui un peu plus précis voire engagé :

« Ce terme désigne une famille sociologique occupant une part importante des populations occidentales : 17% en France et 25% aux Etats-Unis. Il est la traduction de l'américain cultural creatives, créé par le sociologue Paul H. Ray et la psychologue Sherry Ruth Anderson.

Le courant porté par les créatifs culturels, ou "créateurs de culture", est perçu par les sociologues comme l'avènement d'une nouvelle culture. Elle serait d'après ces deux chercheurs «la manifestation d’une lente convergence de mouvements et de courants jusqu’alors distincts vers une profonde modification de notre société», l'éveil d'une civilisation post-moderne, aussi importante que celle qui, il y a cinq cents ans, marqua la fin du moyen-âge.

Les créateurs culturels vivent d'ores et déjà dans un système de valeur et de comportement nouveaux : mode de consommation fondé sur le respect et la reconnaissance de la valeur de l'environnement (consommation d'aliments biologiques, utilisation de la médecine naturelle), conscience des valeurs féminines (place des femmes dans la sphère publique, coopération et préoccupation par rapport à la violence), prédominance de l'être sur l'avoir et le paraître, quête humaine tournée vers l'intérieur et l'extérieur (connaissance de soi, ouverture aux autres, dimension spirituelle), implication individuelle et solidaire dans la société, dans le social avec une dimension locale, ouverture culturelle (respect des différences et de la multiculturalité). »

Déjà 17% en France... Et comme ils n'ont pas encore conscience de leur appartenance, on peut envisager des évolutions socio-économiques intéressantes le jour où ils réaliseront leur force potentielle et agiront véritablement ensemble. Sinon c'est le marketing qui récupèrera tranquillement tout ça.

Soit. Mais deux modestes petites questions en passant.

La première est d'interroger le concept même de Créatifs Culturels. Est-ce un groupe socio-culturel pertinent, qui représente réellement un phénomène palpable et durable ?

Personnellement, à parcourir quelques liens sur le sujet, je dois avouer que j'ai eu très souvent l'impression d'en être (sauf lorsque l'on insiste trop sur le côté spirituel ou développement personnel qui dérive parfois sur du new-age de mauvais aloi). Et puis, ça fait plus chic dans les diners mondains de se débarasser de l'étiquette péjorative de Bobo pour arborer fièrement celle de Créatif Culturel ;-)

La seconde question est plus originale mais en relation avec le sujet principal de ce blog. En admettant que le concept soit valide, y aurait-il une quelconque affinité entre les Créatifs Culturels et le mouvement du logiciel libre ?

Vous me direz que cela oblige à définir le mouvement du logiciel libre, ce qui est déjà une difficulté en soi. Mais, admettons qu'on adhère peu ou prou à ce qui sous-tend cette citation de Stallman : « Le mouvement du logiciel libre est un mouvement social », peut-on alors envisager des convergences et autres synergies entre les deux mouvements (dans la manière d'appréhender l'économique et le relationnel par exemple) ?

En fait il me faudrait un peu plus de temps pour me pencher sérieusement sur la question (procrastination quand tu nous tiens !). Piteux et confus, je m'aperçois donc que je n'ai donc pas rempli la promesse du titre de mon billet. Ce qui ne m'empêche pas d'attendre avec impatience... vos propres réponses dans les commentaires !

Ce qui est à mon avis presque certain c'est que si un Créatif Culturel (digne de ce nom) se met à s'intéresser de près ou de loin à l'informatique il se tournera naturellement et effectivement vers les logiciels libres. À la différence du Bobo qui lui adoôore les logiciels libres mais souffre encore du syndrome Bayrou ;-)

Notes

[1] Crédit photo : If We Hold On Together par Riza sous licence Creative Commons BY.

dimanche 17 août 2008

Chérie, j'ai partagé le Wi-Fi !

Open-Mesh

Je dois avouer que mes connaissances en wi-fi ne dépassent pas le niveau de la mer mais ce n'est pas une raison pour ne pas en parler surtout quand il s'agit d'une traduction !

La traduction[1] en question est un peu technique mais elle est surtout là pour annoncer qu'il existe des solutions libres (et peu onéreuses au niveau matériel) pour déployer un réseau wifi maillé et partager internet en mutualisant quelques connexions.

J'en veux pour meilleure preuve l'installation récente au Marché Biron, au coeur des puces de Paris Saint-Ouen, d'un déploiement ambitieux « qui n'exploite que des technologies open source pour constituer un réseau maillé wifi afin de couvrir une grande surface pour un faible coût ». Pour en savoir plus je vous invite vivement à parcourir l'article Toonux et Entreprise Transparence déploient un réseau wifi communautaire 100% open source au Marché Biron.

Comme dirait Léo Ferré, c'est extra ! Oui mais il y a un hic (outre la question de la nocivité du wi-fi), ainsi que nous le rappelle Bluetouff sur son blog dans un billet intitulé : La riposte graduée menace le wifi des particuliers comme des professionnels.

« Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes s’il n’y avait pas la menace de l’HADOPI qui entend que nous posions des dispositifs de filtrage visant à empêcher tout téléchargement « illicites »… Le problème de la responsabilité en cas d’avertissement se pose donc : qui est responsable ? « La personne qui partage sa bande passante » souhaite répondre l’HADOPI, sur le seul principe qu’elle semble reconnaître « une ip, un coupable ».

Si tel était le cas, ce serait bien là la fin de l’aventure des réseaux mesh communautaires et ouverts pour servir les intérêts de maisons de disques et quelques ayants-droit dont une bonne partie ne paye même pas d’impôts en France. »

Il faut bien que les professionnels (industries du disque, fournisseurs d'accès internet, etc.) gagnent justement leur croûte. Il n'empêche qu'une société qui stigmatise voire interdit le partage dans un nombre croissant de secteurs d'activité n'est clairement pas une société en bonne santé...

Copie d'écran - DailyWireless.org

La révolution Open-Mesh

The Open-Mesh Revolution

Sam Churchill - 11 mars 2008 - DailyWireless.org

Il y a un an de cela le relais Wifi Meraki à 50$ était une petite révolution, une solution parfaite pour combler le fossé numérique. Puis Meraki a vu son prix augmenter et le boîtier bon marché s'est vu amputé de presque toutes ses fonctions (FAQ). La version de base ne permet plus maintenant la facturation, l'authentification des utilisateurs, le contrôle de l'accès ou l'affichage d'une page d'accueil personnalisée. Il vous faudra débourser 100$ par appareil pour retrouver la plupart des fonctionnalités auparavant gratuites. Meraki impose maintenant des publicités au travers de leurs services hébergés.

Voilà qui a vraiment énervé beaucoup de monde.

Beaucoup d'entreprises, comme Net Equality (appartenant maintenant à One Economy), employaient le Meraki pour fournir, gratuitement ou à bas prix, un accès Internet à des foyers aux revenus modestes. Ce changement de direction les a laissés en plan.

C'est là que Michael Burmeister-Brown intervient, il est le co-fondateur de Net Equality et le développeur du logiciel Dashboard qui permettait une gestion rapide, simple et peu coûteuse de douzaines, voire de centaines de relais Merakis.

Aujourd'hui Michael Burmeister-Brown a annoncé un nouveau produit et une nouvelle entreprise créés pour combler le vide laissé par Meraki : Open-Mesh.

Open-Mesh fait tout ce que faisait le Meraki original et même plus :

  • C'est pas cher. Les relais Wifi Open-Mesh coûtent 49$ l'unité ou 39,95$ (quantité : 20);
  • C'est sans publicité. Open-Mesh fait la promesse de ne jamais imposer de publicité sur vos réseaux. Vous décidez du contenu que vous voulez afficher;
  • C'est 100% open-source et déployé sur OpenWRT. Vous pouvez modifier tout ce que vous désirez ;
  • Vous pouvez re-flasher le firmware si vous voulez;
  • Grâce au système de gestion Dashboard vous administrez votre réseau et suivez les alertes et le mappage librement. Vous pouvez configuer l'ESSID, la page d'accueil, les mots de passe et la bande passante allouée à vos réseaux;
  • Les dispositifs s'auto-configurent. C'est simple de créer un réseau de quartier ou d'appartement. Vous n'êtes pas forcé d'utiliser leur système de gestion si vous ne voulez pas.

Contrairement à Meraki et FON leur architecture est 100% open source. Vous pouvez flasher le firmware si vous voulez, mettre une nouvelle page d'accueil ou utiliser leur logiciel libre de gestion (voir ci-dessous)... ou pas.

Open-Mesh

Les petits mini-routeurs (49$) sont livrés pré-flashés avec ROBIN, le firmware open source de maillage. Vous n'avez qu'à le brancher et il est prêt à l'emploi. Pas de configuration requise.

Vous en branchez un sur votre connexion Internet et rajoutez d'autres mini-routeurs là où vous voulez étendre la couverture Wifi (chaque routeur devrait être situé à moins de 30 mètres d'un autre routeur). Ils marchent bien avec Covad parce que Covad supporte le partage du Wifi mais d'autres fournisseurs d'accès sont également compatibles. Open-Mesh n'a aucun lien commercial avec les fournisseurs d'accès Internet.

Le routeur est livré avec une antenne 2dbi et un câble ethernet pour le connecter à votre ligne xDSL ou à votre ordinateur. Le chipset Atheros utilisé est le même que dans le Meraki.

Open-Mesh

ROBIN (ROuting Batman INside) est un projet de maillage de réseau open source déployé par dessus OpenWRT. Il utilise l'algorithme de routage BATMAN (Better Approach to Mobile Ad-hoc Networking) pour les réseaux maillés ad-hoc multi-sauts.

Quel est le modèle économique d'Open-Mesh ?

« Nous n'essayons pas de nous enrichir », répondait Michael Burmeister-Brown lors d'un entretien téléphonique avec DailyWireless. « Nous espérons que d'autres entreprises et d'autres constructeurs utiliseront le logiciel open-source ROBIN dans leur matériel » explique-t-il.

La mission d'Open-Mesh est d'aider le sans-fil communautaire, l'éducation et les pays émergents à utiliser les réseaux sans fils maillés open-source. Simple. Bon marché. Sans publicité. A monter soi-même.

Douce équité. L'heure est peut être venue pour cette idée.

Notes

[1] Merci à Olivier, Daria et Siltaar pour la traduction Framalang :-)

La différence entre Open Source et Logiciel Libre enfin clairement expliquée

L'Open Source[1] :

Le Logiciel Libre[2] :

Notes

[1] La première vidéo est issue d'un reportage tout récent de SkyNews sur l'anoblissement du manchot Nils Olav ! (exemple parfait pour comprendre ce qui nous sépare de l'humour anglais)

[2] La seconde vidéo est un extrait d'un documentaire de la BBC Worldwide.

vendredi 25 juillet 2008

Il voit du logiciel libre partout !

Paris Vélib (cool) - Carlosfpardo - CC-By

Lu (sur la plage) sous la plume de Laurent Joffrin dans Libération du 15 juillet[1].

« Ce succès n’est pas seulement de mode ou de commodité : il recouvre un phénomène politique. Comme le bouddhisme du même nom, nous avons désormais affaire à un urbanisme du petit véhicule, qui échappe, de surcroît, à la classique dichotomie droite-gauche. Chimère bien réelle, le Vélib’ est un transport en commun individuel, un objet gratuit et néanmoins payant, un outil de la personne et de la collectivité à la fois, un service en même temps public et privé. Il n’appartient ni au libéralisme, ni au socialisme, ni à l’individu, ni à l’Etat. Il procède, en fait, d’une sorte d’altermondialisme passé dans les mœurs, autant que d’un boboïsme pour tous. Il annonce surtout, par son prosélytisme calme, une société différente : celle où l’on préfère l’accès à la propriété, la location à l’achat et, somme toute, une forme de partage tranquille à la fièvre de la possession. A la vitesse de la bicyclette, une idée fait son chemin : celle d’une ville moins arrogante et un peu plus humaine. »

Vélib' et logiciel libre : même combat ?

Vélib'girls - Malias - CC-By

Notes

[1] Crédit photos : Paris-Vélib (cool) par Carlosfpardo sous licence Creative Commons By et Vélib'girls par Malias sous licence Creative Commons By.

vendredi 27 juin 2008

Il était une fois un développeur de logiciel libre

« Beaucoup d'utilisateurs étaient vraiment sympathiques, ils me remerciaient et m'encourageaient ! À chaque fois, cela ensoleillait toute ma journée... »

Ainsi s'exprime Laurent Cohen dans ce court mais enthousiaste témoignage d'un développeur de logiciel libre[1].

Et puis, loin de moi l'idée d'idéaliser les choses[2], mais pas une fois il n'est question d'argent. Parce qu'il est clair que, quand bien même de nombreux projets libres aient fortement besoin de soutiens financiers, ce n'est ni une fin en soi ni la principale source de motivation. La vérité est ailleurs, n'en déplaisent à certains...

Got milk? - OLD SKOOL Cora - CC-By-Nc-Sa

Que signifie être un développeur Open Source ? Une histoire vécue de l'intérieur

What does it mean to be an Open Source author? A story from the inside

Laurent Cohen - 23 juin 2008 - JPPF Blog

J'entends parler tous les jours des projets Open Source, du modèle économique de l'Open Source, de ce que cela signifie en terme de liberté, de choix, de risques, d'investissements, etc. Ce dont je n'entends pas souvent parler, c'est à quoi ressemble la vie de ceux qui contribuent réellement et vouent une partie de leur vie à l'Open Source.

Je ne prétends pas comprendre comment cela se passe pour la plupart des contributeurs ou dire qu'il y a des modèles à suivre. Mais je crois sincèrement qu'il y a des histoires qui valent le coup d'être racontées. Voici la mienne, je vous laisse l'apprécier... ou pas :)

Tout d'abord, le projet s'appelle JPPF (Java Parallel Processing Framework) et c'est tout ce que j'en dirai. Cet article ne parle pas du projet lui-même, mais de ce qui lui est particulier et des conséquences que cela a sur la vie de gens, y compris la mienne.

La Génèse

Il était une fois un geek, avec une idée et un bout de code. Il se disait, « Hé, ça a l'air chouette, pourquoi est-ce que je ne mettrais pas ça à disposition des autres librement/gratuitement ? » (NdT : toujours la même ambigüité sur le mot « free », je vous laisse choisir !)

C'est une de ces idées farfelues qui vous viennent l'esprit sans raison.

Ainsi, le projet était né, et dûment enregistré sur Sourceforge. Cela semblait déjà fort passionnant à l'époque, et vous savez quoi ? Après trois ans de travail parfois harassant, c'est plus passionnant que jamais.

Le travail en solitaire

Longtemps, il n'y eut qu'un seul gars dessus, travaillant seul, faisant ce qu'il avait envie de faire, un électron libre qui n'avait qu'une vague idée de son objectif et une vision bien à lui de ce qu'était le temps libre.

C'était une époque où les heures étaient longues, les réveils matinaux, les couchers tardifs, les weekends qui passaient sans que je m'en aperçoive, les cigarettes et les cafés nombreux. Mais depuis j'ai élargi mon horizon, et je bois aussi du thé au jasmin.

Enfin voilà, c'était moi. J'adorais coder, j'aime toujours ça et j'aimerai toujours.

De 0 à plus d'1 utilisateur

Puis vint l'époque du codage, de la mise à disposition, du codage, de la mise à disposition. Le projet prenait un peu d'ampleur, et une petite communauté commençait à l'utiliser. Il était beaucoup question de « mais pourquoi ça ne marche pas dans ce cas-là ? », « pourquoi n'y a-t-il pas cette fonctionnalité ? » ou « comment pourrais-je faire ceci et cela ? » etc. Vous voyez le genre...

Et là je me suis dit : « Mon dieu, il va falloir interagir avec d'autres gars ! Comment m'y prendre ? »

Ce fut le début d'une période (brève, heureusement) d'intense introspection existentielle. Quel était le but de ce projet ? Pourquoi l'avais-je mis en Open Source ? Je résolvais le problème en décidant unilatéralement qu'il serait libre, pour tous ceux qui seraient suffisamment intéressés pour s'y pencher dessus. J'ai aussi décidé qu'il serait de ma responsabilité d'aider ces braves gens à utiliser ce projet, et tant qu'à faire, que ce soit une expérience positive pour eux.

Des utilisateurs qui participent

J'ai donc commencé à communiquer avec les autres, et j'ai vraiment été bluffé. Ces gens sont formidables ! Je ne peux pas vous dire à quel point ils ont été importants pour le projet. Voici, brièvement, en quoi :

  • Ils viennent de tous les coins de la planète, c'est cool non ? J'ai eu des questions, des commentaires et des critiques des cinq continents;
  • Chaque question posée correspondait à une fonctionnalité potentielle, et est souvent devenue une fonctionnalité réelle;
  • Chaque bug découvert a participé à l'amélioration du projet;
  • La plupart des demandes d'éclaircissement sont devenues des rubriques de la documentation;
  • Beaucoup d'utilisateurs étaient vraiment sympathiques, ils me remerciaient et m'encourageaient ! À chaque fois, cela ensoleillait toute ma journée.

Très chers utilisateurs, vous êtes l'unique raison pour laquelle ce projet existe encore. Si ce projet a eu une importance quelconque dans votre vie, n'ayez aucun doute qu'il en a eu une énorme dans la mienne. Je vous aime.

D'un gars à une équipe

Un autre des effets merveilleux de l'interaction avec les utilisateurs, c'est que certains sautèrent le pas et passèrent de contributeur à membre actif. Je n'étais plus seul sur scène. Je n'étais plus libre de faire tout ce que je voulais et était responsable, non seulement envers moi-même, mais aussi envers chaque membre de l'équipe. Cela a généré du travail supplémentaire : nous avons du mettre en place quelques procédures, partager des idées sur l'architecture, la conception et l'implémentation, la montée en compétence des nouveaux venus etc.

Presque immédiatement, le flot d'idées a influencé ce qu'il était possible de faire avec le projet, pas seulement dans le futur, mais ici et maintenant. Le projet grossissait, en même temps que la vision que nous en avions. En conséquence, l'équipe s'est agrandie, ce qui a généré son lot de problèmes et de questions...

La question du leadership

La notion d'équipe et de communauté est intimement liée à celle du leadership. Qu'est-ce qu'un meneur ? Voici la définition que j'ai employée : « un meneur, c'est quelqu'un qui est capable de pousser les gens à agir en les faisant adhérer à une idée, de telle façon qu'ils seront touchés, émus et inspirés par cette idée ».

Avec cette définition, je dois honnêtement avouer que j'ai connu de nombreux succès mais aussi beaucoup d'échecs. Il y a deux échecs que je n'ai pas encore surmontés :

  • J'ai échoué à garder une équipe motivée et inspirée. À l'heure actuelle je suis le seul contributeur actif et je n'ai pas entendu parler des autres depuis des mois. Quelle qu'en soit la raison, je dois l'accepter. Chaque membre de l'équipe aura toujours sa place au sein du projet, et je vous remercie les gars pour tout ce que vous avez fait, je vous remercie mille fois;
  • J'ai échoué à trouver un autre meneur pour le projet. Ou est-ce juste que je n'ai pas réussi à me mettre suffisamment de coté ? En tout cas, je trouve ça effrayant de penser que le projet pourrait tout simplement s'arrêter, si je faisais un accident cérébral, par exemple, qui détruirait mon dernier (et unique) neurone restant.

Présenter une vitrine au monde

Ce projet est hebergé et vit sur le net. Cela veut dire qu'il doit y avoir un site web pour le présenter, expliquer ce qu'il fait, le documenter, aider les utilisateurs etc. Et aussi, pour attirer de nouveaux utilisateurs et fidéliser ceux qui le sont, ce site doit être sexy, confortable et facile à parcourir.

Je suis un développeur, et franchement... pas un concepteur de site web ! Oui, je connais le HTML, CSS et un peu de PHP. Oui, j'ai développé mes propres templates pour les pages qui rendent la maintenance du site plus facile. Mais comment cela ce fait-il que les différentes versions du site que j'ai pu faire aient toujours été nulles, moches, ennuyeuses voire plus souvent les trois en à la fois ? Bah... Je n'ai définitivement pas de talent artistique, et j'ai besoin d'une aide professionnelle dans ce domaine.

Je n'ai pas eu à chercher très loin : ma sœur est conceptrice graphique de profession et en quelques heures elle m'a conçu un site à des années lumière de ce que j'aurais pu faire en plusieurs semaines (voire mois, voire années... je n'ai tout simplement pas ce talent). Isa : merci pour ta générosité et pour avoir partagé ton talent !

Promotion, marketing, relations publiques, publication

Ok ! Le projet est vivant, il a un beau site web, beaucoup de documentations et des forums d'aide. Mais à quoi bon, si personne n'est au courant ?

C'est là que le concept de promotion d'un projet entre en jeu. Comment est-ce que cela marche ? Je ne pense pas que cela soit un secret : on doit savoir quel contenu les rédacteurs aiment lire. Cela prend du temps, il faut faire des essais, des erreurs, trouver les bons canaux de communication, et parfois ... être courageux et audacieux. Vous ne saurez jamais si la grande nouvelle sur votre projet peut être publiée, tant que vous ne l'aurez pas soumise à ceux dont le métier est de publier ce genre de chose.

Voici quelques-uns des canaux de communications avec lesquels j'ai eu du succès :

  • Les magazines en ligne;
  • Les blogs;
  • Les sites qui traitent de technologie;
  • Les web-séminaires;
  • Les présentations que j'ai effectuées moi même.

Je ne saurais trop insister sur combien ce travail de promotion permet à un projet de décoller et de faire la différence, et ce à tous les niveaux.

Très chers éditeurs en ligne et journalistes, merci pour le travail épatant que vous faites en écrivant sur les gens, la technologie et l'Open Source. Je vous aime également.

Remerciements

Je tiens à remercier :

  • Toi, très cher lecteur, de m'avoir lu jusqu'ici ;
  • Tous ceux qui travaillent ou contribuent aux logiciels Open Source. Garder la flamme vivante !
  • Tous ceux qui utilisent l'Open Source. Sans vous les gars, il n'y aurait rien à utiliser.

Restez à l'écoute...

Notes

[1] Merci à GaeliX et Siltaar pour la traduction Framalang. Choix a été fait de conserver tout du long l'expression Open Source, conformément à l'article d'origine.

[2] Crédit photo : Got milk? par OLD SKOOL Cora sous licence Creative Commons By-Nc-Sa.

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