Framablog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot clé - merci

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 31 mars 2008

Mediapart et Rue89 ont-ils soutenu Drupal ?

Copie d'écran - Mediapart

Coup sur coup sont apparus sur le net francophone deux journaux d'information numérique : Rue89 et le tout récent Mediapart.

Le premier nous vient de journalistes de Libération et le second d'Edwy Plenel du Monde. Je les trouve tous deux intéressants et a priori plutôt bien pensés avec leur volonté affichée de faire participer le lecteur visiteur (pour ce qui concerne leur business model faudra voir dans la durée).

Je trouve également leurs sites plutôt bien conçus. La navigation apparait fonctionnelle, agréable et ergonomique. C'est normal me direz-vous puisque, c'est écrit tout en bas, les deux sites reposent sur l'excellent logiciel libre Drupal ;-)

Copie d'écran - Rue89

Justement, je me suis fait en passant la petite réflexion suivante. Ces deux projets, ambitieux et qui ont nécessairement disposé d'un budget conséquent pour leur création, ont-ils remercié Drupal en soutenant financièrement l'équipe du logiciel par un don à hauteur du service rendu et du budget à disposition ?

J'espère que oui parce qu'il est important pour tout l'écosystème du logiciel libre d'être soutenu également en espèces sonnantes et trébuchantes quand ceux qui les utilisent peuvent se le permettre.

Copie d'écran - Drupal - Donation

samedi 19 janvier 2008

Pourquoi faire un don à Wikipédia ? (et soutenir la culture libre et ses utopies)

(Et si le Framablog reprenait un peu du service en cette nouvelle année ?)

Lorsque j'ai lu cet appel au don de Benjamin Mako-Hill j'ai eu envie de le proposer à traduction à la dream team FramaLang[1]. D'abord parce que soutenir Wikipédia en tant que tel est important. Mais également parce que l'angle adopté par Mako Hill me semblait intéressant et sujet à réflexion.

Dans ce mouvement de la culture libre, dont on ne trouve pas de réelle définition, et où Wikipédia représente à la fois la figure de proue et le cheval de Troie, il y aurait donc des utopistes et des pragmatiques. Un peu comme la dialectique révolutionnaires vs réformistes du siècle dernier. Les classiques oppositions Stallman et la Free Software Foundation vs l'Open Source, les licences des logiciels libres vs les licences Creative Commons, et pourquoi pas GNU/Linux vs Linux, ne s'inscrivent-elles pas en effet dans cette dichotomie ?

Oui (à n'en pas douter) Wikipédia représente bien plus que Wikipédia et oui (peut-être ? sûrement ?) elle constitue un formidable espoir pour les utopistes (dont je suis).

Screenshot - Why Give to Wikimedia ?

Wikimedia et le mouvement de la culture libre

Wikimedia and the Free Culture Movement

Benjamin Mako-Hill - 11 décembre 2007 - whygive.wikimedia.org

En même temps que les technologies de communication créaient un raz-de-marée dans la connaissance, la créativité et la communication, les créations culturelles sont plus que jamais sévèrement contrôlées et restreintes.
Une évolution plus que rapide du régime du droit d'auteur, fait de l'utilisation, la modification ou la distribution de presque tout document, une propriété exclusive de son créateur. Le « copyright » aujourd'hui est automatisé, étendu et est valable sur plus d'un siècle. Notre culture, aujourd'hui, est propriétaire.

Pour contrebalancer cette tendance, des écrivains, des scientifiques, des musiciens, des artistes, et d'autres encore, ont uni leurs efforts pour demander l'accès à la connaissance et à la création d'un mouvement social pour la culture libre - culture qui est libre comme dans liberté, même si elle ne l'est pas nécessairement dans le prix. Dans la courte vie de la culture libre, Wikipedia s'est positionné comme étant le plus important et le plus méritant des projets de culture libre. Le projet Wikimedia, dont Wikipédia fait partie, offre à quiconque travaille dans un objectif de culture libre un exemple de ce à quoi pourrait ressembler une réussite, des conseils pour la meilleure façon d'y arriver, et l'inspiration pour continuer.

Votre soutien à la Fondation Wikimedia durant la collecte de fonds cette année a donné plus de résultats que le simple financement de la fondation et de ses projets. Il a soutenu et ouvert la voie à un mouvement mondial en faveur de la culture libre qui est déjà beaucoup plus vaste que Wikipedia, Wikimedia, et autres wikis. Le mouvement de la Culture Libre, comme le démontre Wikipédia, offre une vision convaincante de comment nous pourrions améliorer la façon dont nous produisons et consommons l'information tout au long de notre vie.

Culture Libre

En vertu des lois de copyright actuelles, on ne peut pas légalement copier un article pour un ami, faire un remix d'une vidéo, ou chanter Happy Birthday dans un restaurant sans demander une autorisation et, dans la plupart des cas, de payer une licence. Plus embêtant, la plupart des oeuvres culturelles sont soumises au copyright, par défaut, au moment de leur création, à moins qu'il ne soit précisé explicitement que ces œuvres peuvent être utilisées, copiées et modifiées.
Par le biais du droit d'auteur, l'accès aux plus importantes ressources culturelles et universitaires sont bloquées par les « péages » et les restrictions. L'accès légal à la plupart des connaissances et à la culture est cher - et d'un coût prohibitif pour la plupart d'entre nous. La création d'œuvres s'inspirant d'un sujet, ou en étant dérivées - comme l'échantillonnage ou les remixes - est souvent purement et simplement interdite.

Outrés par cette situation, les créateurs et les consommateurs de culture exigent une plus grande liberté de distribuer et de modifier ces biens de consommation dans le cadre du mouvement de la culture libre. Bien que certains leaders du mouvement aient résisté à la déclaration d'objectifs explicites, ils ont constamment placé la culture libre en opposition à l'attitude "hautement protectionniste» du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle. La musique, l'art, les connaissances et la culture, nous disent les activistes de la culture libre, doivent être largement accessibles, flexibles dans les conditions et restrictions concernant leur utilisation, redistribution et modification.

Pour partie, le mouvement de la culture libre est constitué d'Utopistes qui imaginent, décrivent et épousent le monde de ce qu'ils ressentent comme étant vraiment la culture libre. Pour ces Utopistes, la culture libre est un aperçu du monde idéal où les connaissances peuvent être utilisées, étudiées, modifiées, construites, distribuées et partagées sans restriction. C'est un monde où les créateurs sont à leur juste valeur et universellement respectés, reconnus pour leur mérite, et rémunérés. Le principal problème que rencontrent ces Utopistes, est que, dans de nombreux cas, ils ne savent pas comment passer de la culture contemporaine - fondée sur l'économie, le droit d'auteur, la propriété, le contrôle et les demandes d'autorisations - à leur monde idéal.

Sentant que l'Utopie n'est pas viable, les pragmatiques de la culture libre préconisent d'essayer d'obtenir le plus possible en réformant le système actuel du copyright et de faire ensuite des améliorations progressives. En particulier, ces pragmatiques estiment que l'idéalisme utopique détruit l'exclusivité de la commercialisation qui aide à soutenir la production de nombreuses oeuvres créatives. Il vaut mieux, disent-ils, se mettre d'accord sur un usage non commercial ou de copie in extenso que de conserver le droit d'auteur par défaut c'est-à-dire «tous droits réservés»

Le mouvement de la culture libre est tiraillé entre le désir de créer un monde de connaissances vraiment libres et le fait, que dans cette optique, pour ces mêmes connaissances, ils ont éliminé tous les systèmes financiers et sociaux viables qui soutenaient la création des oeuvres. Les pragmatiques font des compromis avec cette vision utopique d'un monde libéré pendant que les Utopistes prônent ce qui semble être irréaliste pour beaucoup.

Wikimedia

Wikimedia est un projet de culture libre utopique. Son objectif n'est pas seulement de recueillir des connaissances, son objectif est de le faire librement. Wikipedia a été créée avant de savoir s'il était sûr qu'une encyclopédie libre pouvait exister, serait un succès ou si elle serait mieux que les solutions propriétaires existantes. Son objectif était d'être libre, ouverte et sans restriction. Ironiquement, c'est cet attachement idéaliste qui a conduit à la création d'alternatives et à redéfinir ce qui est possible et réaliste de faire. Dans le monde du Libre, rien ne le prouve mieux que Wikipedia. Rien ne donne, plus qu'elle, l'espoir aux Utopistes de la culture libre.

Wikimedia est importante tout simplement parce qu'elle existe et qui plus est parce qu'elle existe librement. Etant l'un des sites actifs les plus visités, Wikipedia est un endroit incontournable pour tout chercheur ou internaute. C'est souvent la réponse aux questions et à la curiosité de millions de personnes. Ce n'est pas simplement qu'elle a réponse à beaucoup de sujets, c'est plus que cela. Ce n'est plus trop un sujet controversé que de dire que Wikipedia est l'unique ouvrage de référence réellement impressionnant qui ait jamais été produit. Elle est l'un des plus importants ouvrages de culture existant dans le monde. Et qui plus est, elle est gratuite.

Au début de cette année, le comité exécutif de la Fondation Wikimedia a formulé un engagement explicite pour une interconnexion forte entre les objectifs de la culture libre. Par cette résolution, le conseil d'administration de la Fondation Wikimedia a précisé ce qui était évident pour les personnes impliquées dans le projet: Wikipédia a réussi, non pas en dépit du fait que l'encyclopédie est libre, mais justement parce qu'elle est libre. Les projets Wikimedia ont de la valeur précisément parce qu'ils ont aplani les obstacles à la contribution, l'utilisation et la réutilisation.

Fait tout aussi important pour le mouvement libre, Wikimedia a montré l'exemple et a dépeint comment une culture libre pouvait être atteinte. En grande partie à cause de Wikimédia, les wikis - autrefois outils marginaux utilisés par un petit nombre de geeks - sont la technologie de base de la production de culture libre, sur des milliers de wikis et sur des myriades de sujets. Les technologies, les modèles sociaux, les structures de communication, les politiques décisionnelles, les procédures et les systèmes, chacun contribue à l'inspiration et à donner des instructions aux autres personnes de la communauté libre élargie. Dans chacun de ces domaines, les projets Wikimédia fournissent un ensemble de modèles novateurs et de pratiques captivantes, qui ont réussi et qui sont bien documentés.

Faire un don à la Fondation Wikimedia

Alors que Wikipédia est libre d'utilisation et est écrite sans compensation directe pour la grande majorité des contributeurs, faire fonctionner Wikipedia n'est pas sans coûts. Wikipédia est libre comme dans le discours, mais pas gratuit comme dans bière - du moins pas pour la Fondation Wikimedia. Un soutien financier est nécessaire pour alimenter les serveurs, soutenir le développement technologique indispensable, lutter contre les menaces judiciaires, et assurer une communauté saine et productive. Ce travail essentiel est payé par les dons à la Fondation Wikimedia.

Et pourtant, alors que ces dons sont destinés au soutien de Wikimedia et aux membres de ses équipes projet, leur impact sur le mouvement libre est beaucoup plus grand et plus important. Comme symbole visible de la culture libre pour la grande majorité des gens qui n'ont jamais entendu ce terme, Wikimedia est intimement lié à la réussite de la culture libre. Wikipédia ne fournit pas seulement un exemple de la façon dont la culture libre est possible, elle montre comment cela peut être fait. elle montre également que la liberté de la culture - la culture vraiment libre - est meilleure que les solutions propriétaires. Wikipedia a déjà ouvert la voie à la réussite de centaines de projets de culture libre. Son succès dans ses luttes, y compris cet appel à la collecte de fonds, aidera ou pénalisera les perspectives immédiates de l'ensemble du mouvement pour la culture libre.

Alors, s’il vous plaît, rejoignez-moi en faisant un don à la Fondation Wikimedia cette année. Le sort de bien plus que Wikipedia est dépendant de notre générosité.

Notes

[1] Une traduction GaeliX pour une relecture Daria.

mardi 3 juillet 2007

Tentations cinématographiques sur internet ou le clic qui pouvait donner mauvaise conscience

Préparez pop-corn, bière et pizza... aujourd'hui, dans ma grande générosité, je vous invite au cinéma !

Mais il s'agit d'un cinéma un peu particulier puisque visible d'un seul clic de souris depuis votre navigateur connecté au Net. Cette lénifiante simplicité d'usage ne peut cependant masquer une réalité plus complexe qui peut mettre à mal votre sens moral...

The Corporation - Make a Donation

Tentation cinématographique 1 : The Corporation ou la tentation du prendre sans donner

Peut-être avez-vous laissé passer en salle cet excellent film documentaire The Corporation coincé qu'il était entre deux Pirates de Caraïbes et trois Spiderman ?

Qu'à cela ne tienne séance de rattrapage pour ne pas mourir idiot.

Il vous suffit de cliquer successivement sur les trois parties ci-dessous. Easy isn't it ? Mais attention l'entrée est libre mais pas forcément gratuite (sauf si le décidez en ne donnant... rien !).

Voici ce qu'en disait Sébastien Delahaye, le 24 novembre 2006, sur le site des Ecrans (du journal Libération) :

Sorti discrètement fin 2004 sur les écrans français, le documentaire canadien The Corporation s’apprête aujourd’hui à vivre une nouvelle vie. L’un de ses co-réalisateurs, Mark Achbar, également producteur du film, a décidé de mettre en ligne la version complète et gratuite du film. Disponible en utilisant BitTorrent, le documentaire est téléchargeable en cliquant sur ce lien. La qualité est annoncée comme équivalente à celle d’un DVD, et le film profite, en bonus, d’un entretien de 40 minute avec le scénariste du film.

The Corporation est consacré à une critique des multinationales et contient des entretiens avec Noam Chomsky, Michael Moore, Milton Friedman et Naomi Klein. En 2004, le documentaire a remporté le Prix du public du Festival de Sundance. Mark Achbar encourage les internautes téléchargeant le film à faire un petit don, afin de rembourser les frais de production. « Nous avons déjà reçu 635 dollars en contributions. Elles vont de 2 dollars à trois dons très généreux de 100 dollars. Toutes sont très appréciées. »

Du coup on retrouve aussi bien le film sur YouTube que sur Dailymotion d'où est issue cette version sous-titrée française. Et il faut reconnaître que lorsqu'il s'agit de tels documentaires, la piètre qualité d'image n'est pas trop handicapante puisque c'est avant tout l'audio qui est privilégié.

The Corporation - Partie 1

The Corporation - Partie 2

The Corporation - Partie 3

On comprend bien les motivations des auteurs qui, de par le sujet même du film, jugent à juste titre que sa diffusion passe avant son exploitation économique. Mais, tout de même, peut-on tranquillement le regarder sans rien faire (ne serait-ce qu'un mail de remerciement aux auteurs dans un anglais approximatif) alors qu'ils cherchent uniquement à rentrer dans leur frais puis éventuellement trouver des fonds pour un prochain film ?

Pour ce qui me concerne j'ai donné 5 € au nom de Framasoft.

The Corporation - Make a Donation

Tentation cinématographique 2 : Stage6 ou la tentation du voir sans se faire prendre

D'un simple clic depuis votre navigateur lancez dans la seconde, en plein écran, et en haute définition des films en version française comme Les Inflitrés, OSS 117 : Le Caire, nid d'espions, Before Sunset, Miami Vice ou encore Dead Man.

Est-ce possible ?

Réponse : Oui. Cela s'appelle Stage6, et si ça reste en l'état (ce qui m'étonnerait) ça risque de faire autant de bruit dans l'industrie cinématographique que Napster pour l'industrie musicale. Tel YouTube ou Dailymotion il s'agit d'une plate-forme vidéo de plus à ceci près que via un plugin DivX (propriétaire) le streaming est de bien meilleure qualité et permet le plein écran avec un confort plus que correct.

Est-ce légal ?

Réponse : Non (of course !). Mais à la différence du peer-to-peer vous ne risquez a priori absolument rien puisque vous visionnez une simple page web et ne conservez rien sur le disque dur votre ordinateur. Autre différence vous n'êtes pas obligé d'attendre le téléchargement intégral du film puisqu'il se charge en mémoire au fur et à mesure de la lecture.

Ajoutons que vous pouvez proposer le player vidéo intégré sur votre propre site ou blog exactement comme ce que je viens de faire avec Dailymotion et The Corporation. C'est délirant rien que d'y penser mais j'aurais donc pu carrément mettre Les Infiltrés en version française à même ce billet blog si je ne sais quelle mouche m'avait piquée !

Les coupables légaux clairement désignés sont Stage6 qui met (sciemment ?) un certain temps à effacer les fichiers incriminés (c'est tout de même pas compliqué de regarder tous les jours les gros fichiers qui ont été uploadés pour faire le tri) et les membres inscrits qui les mettent sciemment en ligne (dont je me pose la question de la motivation).

Quant aux coupables moraux ce sont vous et moi si vous vous faites spectateur d'un de ces films indûment mis en ligne. Et comme Stage6 est à ma connaissance le premier site à lever quasiment toutes les barrières de la lecture vidéo sur internet (temps, qualité et... peur du gendarme), on se retrouve en quelque sorte seul avec notre conscience. Adieu répression et bonjour éducation...

Un autre coupable ce serait peut-être moi qui sous couvert de faire de l'info se retrouve peut-être indirectement ici à verser dans, argh, l'apologie du crime ?! Pas forcément parce que c'est tout de même intéressant de faire remarquer que la technologie de lecture vidéo sur internet est proche d'une certaine maturité (il n'y manque guère plus que des formats libres). Et puis comme toujours avec ces plate-formes de partage vidéos, musicales ou autres, on n'y trouve pas que des ressources illégales ce qui interdit de jeter le bébé avec l'eau du bain.

C'est du reste avec Route 66, un road movie allemand qu'il est tout à fait légal de visionner puisque sous licence Creative Commons BY-NC-SA (un pionnier du genre !) que je vous invite à découvrir Stage6.

Et l'on est ainsi ramené à la tentation précédente puisqu'ils cherchent aussi à lever des fonds pour réaliser leur prochain film The Last Drug.

Pour ce qui me concerne j'ai là encore donné 5 € à l'équipe du film au nom de Framasoft.

Conclusion

Ce billet aurait aussi pu s'intituler « L'article qui valait 10 € ». C'est d'ailleurs la somme que je demande à ceux qui vont me contacter en privé pour que je leur donne directement les liens Stage6 des films cités ci-dessus ;-)

vendredi 15 juin 2007

Framasoft ou le prix à payer d'un certain succès

The day gravity failed - 4StringsGood - CC-BY

Framasoft vient de recevoir un Lutèce d'Or à la récente manifestation Paris Capitale du Libre. Et pas n'importe lequel celui de la meilleure action communautaire. Nous sommes heureux et fiers de partager donc ce prix honorifique avec tous ceux et celles qui de près ou de loin ont un jour collaboré avec nous. Un énorme merci à vous qui depuis cinq bonnes années avez contribué avec nous à faire connaître et diffuser le logiciel libre et son état d'esprit au plus large public possible.[1]

Mais paradoxalement cette distinction arrive à un moment où nous sommes si ce n'est à bout de souffle en tout cas en fin de cycle.

Il est très délicat de distinguer des individualités dans une communauté, et nous savons bien que personne n'est irremplaçable, mais il n'en demeure pas moins que la réussite de Framasoft, aussi communautaire soit-elle, repose également sur les épaules de quelques uns.

En effet pour que ça marche il faut une conjonction de facteurs favorables. Il faut entre autres une bonne idée de base (pour nous cela a été l'approche originale et frondeuse des logiciels libres à partir de Windows), une bonne ambiance, une bonne organisation, de bons outils, plein de bonnes volontés... mais surtout et quoiqu'il arrive il faut nécessairement quelques fourmis en coulisses prêtes à donner beaucoup de leur temps... libre pour animer et coordonner le réseau Framasoft dans son ensemble.

Il se trouve que certaines de ces fourmis, pourtant toujours aussi motivées, finissent l'année épuisées et frustrées. Epuisées car il arrive un moment où le développement de l'activité est tel que l'enthousiasme n'arrive plus à compenser la difficulté de devoir coincer ce travail bénévole entre vie professionnelle et vie privée. Frustrées car de nombreux projets en cours ou en préparation n'ont pu avancer faute de disponibilité suffisante.

D'ordinaire ces turpitudes personnelles sont mises de côté afin de ne pas affaiblir le moral des troupes. D'ordinaire aussi la lassitude n'est que passagère et elle est bien prise en charge par le reste du groupe. Mais aujourd'hui la situation est plus complexe car d'un côté nous sommes moins nombreux que par le passé à être présents et compétents pour relayer les défaillances et de l'autre côté ces fourmis spéciales ne souhaitent plus (ou ne peuvent plus) rempiler dans les mêmes conditions. Comme le dit Francis Cabrel c'est juste une question d'équilibre ;-)

Or nous avons la faiblesse de penser que nous pouvons continuer à apporter notre petite pierre à l'édifice dans un contexte où plus le libre avance et plus il rencontre de résistances. Nous pensons que la confiance et l'énergie créatrice que nous avons su dans la durée engendrer autour de nous est précieuse. En un mot comme en cent nous avons carrément l'outrecuidance de penser que ce serait dommage pour le libre francophone de nous voir lentement décliner puis disparaître.

Que faire alors ? Il y a bien sûr de nombreuses pistes (et de nombreux y'a qu'à, faut qu'on) mais nous avons beau prendre le problème par tous les bouts nous pensons que la solution la plus pertinente (mais également la plus ambitieuse) serait de faire gagner du temps à ces fourmis à haut karma ajouté. L'idéal serait donc de substituer leur activité professionnelle par une activité pour Framasoft. En un mot comme en cent nous souhaiterions que l'aventure Framasoft soit aussi génératrice d'emplois !

Nous aimerions donc pérenniser notre action et poursuivre nos projets en étant capable de salarier un ou deux permanents pour notre association. Quand bien même nous n'avions pas prémédité une telle perspective, nous avons pleinement conscience de la difficulté de la tâche (surtout quand on commence à se pencher un peu sur le coût bien réel d'une telle opération). Et il est fort possible que, contrairement aux précédents, nous ne réussissions pas ce pari là. Mais à l'impossible nul n'est tenu et puis avec internet on n'est jamais au bout de nos surprises...

Nous nous déclarons donc officiellement à la recherche de fonds, subventions, partenariats publics ou privés, généreux mécènes... et de toutes les idées possibles et imaginables pour atteindre cet objectif qui, très concrètement, se chiffre charges comprises à un minimun de 40.000 € pour pouvoir démarrer l'exercice en janvier 2008.

Merci de votre attention, de vos futurs commentaires et suggestions, et surtout merci de nous soutenir en relayant l'information pour nous permettre de mieux atteindre ceux qui pourraient être susceptibles de nous aider dans cette petite entreprise qui ne souhaite pas connaître la crise.

Pour tout contact : aka AT framasoft.net

Notes

[1] L'illustration est une photographie de 4StringsGood intitulée The day gravity failed issue de Flickr et sous licence Creative Commons BY-SA

samedi 12 mai 2007

Liberation fonts : quand la police a meilleur caractère !

Partant du constat que l'absence de polices de caractère libres équivalentes aux trop célèbres polices propriétaires de Microsoft Times New Roman, Arial et Courier New était un handicap à la migration vers GNU/Linux, la société Red Hat a eu la très bonne idée de créer Liberation fonts un jeu de trois polices susceptibles de les remplacer.

Elles ont rigoureusement la même taille et le même espacement que les polices de Microsoft ce qui implique l'absence de décalage lorsque vous faites la conversion. Red Hat nous encourage du reste non seulement à faire cette conversion mais à adopter ces polices par défaut dans Thunderbird, Firefox et OpenOffice.org (mais aussi dans Microsoft Office, Microsoft Windows, Mac OS X, etc. si vous êtes encore sous OS propriétaire).

Ces polices sont sous licence GNU General Public License v.2 mais avec cette précision exception notable que tout document réalisé avec ces polices n'a aucune obligation (virale) à être lui aussi sous la même licence. Autrement dit ces polices portent vraiment bien leur nom.

Liberation Sans

Équivalent libre à Arial, Albany, Helvetica, Nimbus Sans L et Bitstream Vera Sans.

Liberation fonts Sans - Red Hat - GPLv2

Liberation Serif

Équivalent libre Times New Roman, Thorndale, Nimbus Roman et Bitstream Vera Serif.

Liberation fonts Serif - Red Hat - GPLv2

Liberation Mono

Équivalent libre à Courier New, Cumberland, Courier, Nimbus Mono L et Bitstream Vera Sans Mono.

Liberation fonts Mono - Red Hat - GPLv2

Sur la page de l'annonce officielle vous trouverez les polices à télécharger en paquet archive .rpm (c'est normal on est chez Red Hat) mais également en archive .tar.gz (le .zip du libre que vous pouvez décompresser avec 7-zip par exemple si vous êtes sous Windows). Et Red Hat de conclure ainsi son annonce : This is just one way for Red Hat to say thank you to all our friends in the open source community for all you have done to make us successful.

C'est à notre tour de les remercier parce que les Liberation fonts nous ôtent une belle épine du pied et apportent toujours plus de confort au peuple migrateur que nous sommes.

- page 1 de 3