Framablog

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mercredi 20 juin 2007

Une belle histoire comme on les aime chez Framasoft

Voici le récit du passage sous licence libre d'une police cursive éducative que ne renierait pas mes amis de Veni Vidi Libri. Il nous est narré par mon collègue et néanmoins ami Julien Noël qui annonce dans son introduction que c'est le type d'histoire comme on les aime chez Framasoft. Et... il a parfaitement raison ;-)

Il cite au passage l'une des grandes réussites francophones du monde du libre à l'école, à savoir Gcompris dont il se murmure qu'il pourrait même être intégré dans les futures versions de l'OLPC.

Cela va sans dire mais cela va mieux en le disant : n'oubliez pas de remercier son auteur si vous l'utilisez parce que ce n'est pas autrement que nous perpétuerons ce bon esprit qui nous anime et qui réussit, comme ici, à convaincre de plus en plus de monde de nous rejoindre.

L'image est un exemple d'utilisation de cette jolie police avec les premiers vers de Liberté célèbre poème de Paul Eluard.

Exemple police cursive Écolier court

Libérez la police !

Julien Noël - Juin 2007

Voici une belle histoire comme on les aime chez Framasoft.

J'ai tout compris

Il était une fois un jeune papa qui initia son fiston, de trois ans à peine, à l’ordinateur. Évidemment, pas question d’apprendre le B-A-BA de l’informatique sur du logiciel propriétaire. Dans la famille, on est libre de père en fils depuis 30 générations[1]. Le futur fils prodige est donc placé devant une machine sous Linux et découvre le maniement du clavier, de la souris, etc. via le formidable logiciel Gcompris.

En cinq jours à peine (si si), l’enfant est capable de reconnaître toutes les lettres et tous les chiffres. Et tout cela, en s’amusant – alors même que le père, féru d’informatique libre et passant de nombreuses heures quotidiennement devant son PC, était très dubitatif quant à l’apprentissage assisté par ordinateur.

Un an plus tard, l’enfant a grandi et il est temps de passer à l’étape supérieure. Au primaire, on apprend d’abord à identifier et à écrire les majuscules (ou les capitales – je n’ai jamais compris la différence). Il s’agit donc maintenant, à partir de polices cursives, d’identifier les lettres calligraphiées... Mais si, vous savez, celles que l’on écrit avec la main (vous savez bien, la main, ce truc qui permet de taper au clavier : eh bien, initialement, au moyen âge, il permettait d’écrire... Si, si !).

L’heureux papa contacte donc le développeur principal de Gcompris[2] et lui demande s’il est possible d’intégrer une police cursive.

La réponse tombe comme un couperet : pas de police cursive dans Gcompris parce que pas de police cursive libre tout court.

Recherche police désespérément

Le papa, têtu comme un Bill Gates décidé à trucider Linus Torvalds, se met donc à la recherche de la perle rare. Il google, google, google et finit par tomber sur ça : http://perso.orange.fr/jm.douteau/index.htm (évidemment, à l’époque, ce n’était pas libre).

Il joint le créateur de ces polices[3] et tente de le convaincre de les passer sous licence libre. Jean-Marie Douteau aime comprendre ce qu’il fait et pourquoi il le fait. S’ensuivent alors de nombreux échanges “épistomail” afin de mieux percevoir les principes et les enjeux du logiciel libre, pourquoi une police gratuite est inutilisable dans Gcompris, pourquoi la GPL et la LGPL... Bref, tout ce qui fait ce joli monde qui nous est si familier mais si obscur lorsque l’on ne baigne pas dedans.

Après un court passage sous licence creative common, le créateur des polices " Écolier court” et “Écolier lignes court” décide de les passer sous licence OFL, orienté dans ce choix par Sophie Gautier, la responsable OpenOffice.org France. Cette décision permettra d’intégrer les deux polices dans Gcompris ET dans OOo[4].

Vive la police libre !

Jean-Marie Douteau se demande maintenant ce que vont devenir ses bébés : il s’impatiente de les voir grandir et attend vos questions, vos remarques, vos encouragements, vos suggestions et vos contributions (par exemple pour ajouter des caractères qui n’y sont pas).

Notes

[1] au moins

[2] Bruno Coudoin

[3] Jean-Marie Douteau

[4] et évidemment dans tout logiciel compatible avec cette licence

samedi 12 mai 2007

Liberation fonts : quand la police a meilleur caractère !

Partant du constat que l'absence de polices de caractère libres équivalentes aux trop célèbres polices propriétaires de Microsoft Times New Roman, Arial et Courier New était un handicap à la migration vers GNU/Linux, la société Red Hat a eu la très bonne idée de créer Liberation fonts un jeu de trois polices susceptibles de les remplacer.

Elles ont rigoureusement la même taille et le même espacement que les polices de Microsoft ce qui implique l'absence de décalage lorsque vous faites la conversion. Red Hat nous encourage du reste non seulement à faire cette conversion mais à adopter ces polices par défaut dans Thunderbird, Firefox et OpenOffice.org (mais aussi dans Microsoft Office, Microsoft Windows, Mac OS X, etc. si vous êtes encore sous OS propriétaire).

Ces polices sont sous licence GNU General Public License v.2 mais avec cette précision exception notable que tout document réalisé avec ces polices n'a aucune obligation (virale) à être lui aussi sous la même licence. Autrement dit ces polices portent vraiment bien leur nom.

Liberation Sans

Équivalent libre à Arial, Albany, Helvetica, Nimbus Sans L et Bitstream Vera Sans.

Liberation fonts Sans - Red Hat - GPLv2

Liberation Serif

Équivalent libre Times New Roman, Thorndale, Nimbus Roman et Bitstream Vera Serif.

Liberation fonts Serif - Red Hat - GPLv2

Liberation Mono

Équivalent libre à Courier New, Cumberland, Courier, Nimbus Mono L et Bitstream Vera Sans Mono.

Liberation fonts Mono - Red Hat - GPLv2

Sur la page de l'annonce officielle vous trouverez les polices à télécharger en paquet archive .rpm (c'est normal on est chez Red Hat) mais également en archive .tar.gz (le .zip du libre que vous pouvez décompresser avec 7-zip par exemple si vous êtes sous Windows). Et Red Hat de conclure ainsi son annonce : This is just one way for Red Hat to say thank you to all our friends in the open source community for all you have done to make us successful.

C'est à notre tour de les remercier parce que les Liberation fonts nous ôtent une belle épine du pied et apportent toujours plus de confort au peuple migrateur que nous sommes.

mardi 3 avril 2007

Mais que fait la police ?

Hospital, Amagasaki - m-louis - CC BY-SA

Deux petites choses et un rappel autour des polices de caractères (en fait on dit plutôt fontes de caractères si j'ai bien compris).

Tout d'abord la sortie du site Open Font Library qui se veut le pendant de l'Open Clip Art Library mais pour les polices. L'objectif est de regrouper des polices librement utilisables puisque dans le domaine public (c'est la condition d'entrée pour être sur le site). Pratique !

Ensuite une sorte de tableau d'équivalence graphique entre les polices Linux et quelques grands classiques du monde Windows et Mac (Arial, Verdana, Georgia,, Courrier New...). Très pratique ![1]

Quant au rappel, c'est pour mettre une nouvelle fois en lumière la police libre DejaVu que nous sommes nombreux à utiliser.[2]

Notes

[1] Surtout pour le linuxien fraîchement débarqué du monde Windows ou Mac.

[2] L'illustration est une photographie de m-louis intitulée Hospital, Amagasaki issue de Flickr et sous licence Creative Commons BY-SA.